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Un trésor perdu (partie 2) 20 août, 2008 Classé dans : Le monde du Sud — Esuna @ 20:23 Suame avance, les marchands vendent fruits et légumes diverses, un étalage de raisin, elle s’arrête là. Depuis toujours elle aime le raisin, les grappes sont belles ainsi que les milles et une façons de les manger. Mais, depuis peu, son retour en fait, elle s’interroge à chaque instant, elle n’a pas le même œil sur le monde, sur les gens qui l’entourent. Elle pense, s’abandonne à ses songes, qui était-il ? Dans quel camp était-il ? Pourquoi ce qu’il lui a dit lui semble plus vrai d’heure en heure? Comment une personne pouvait encore trouver le courage de vivre après cela ? Sans s’en rendre compte, elle arrache une affiche sur un mur, sans s’en rendre compte elle la parcourt, un travail, une caravane de marchand, un convoie pour être exact. Elle ira, prendra le travail, non pas par nécessité, mais pour s’occuper. Elle pense, s’abandonne à ses songes, que veut-il en faire? L’a-t’elle côtoyer avant ? Elle se revoie courir sur le pont du bateau, le tonnerre, la pluie, « Mais bordel! » pensait-elle a cet instant, effectivement, il avait fait beau toute la journée. La pluie, le tonnerre, comme si des forces bien supérieures l’avaient aidés à se défaire de son bourbier. Elle rencontre l’homme qu’elle doit escorter, juste un canthien, un gros, gras et vénal marchand canthien. Il parle, elle n’écoute pas, hoche la tête pour faire mine de, a vrais dire elle connait le discours par cœur : « Je suis riche, je convoie une babiole très chère d’un point A à un con de point B, mais surtout, je suis riche et je croie avoir une certaine influence, c’est tout ce que tu dois savoir ». Le trajet est simple, une traversée du désert, trop peu de voleur s’aventurerait là-bas. Le point B est un général Kournan, tout le monde sait qu’il ne croie pas Varesh Ossa morte, mais bon elle est morte et ça aussi tout le monde le sait, C’est le général, enfin l’ancien général Morgan qui lui a donné la mort. Le gros gras et vénal marchand canthien lui montre ainsi l’objet à protéger, pourquoi ? Car il pense pouvoir mettre Suame dans son lit en lui montrant un bidule hors de prix. Mais là, le monde s’arrête, plus rien ne bouge aux yeux de Suame, rien, ni les nuages, ni les passants même le son se fait absent. Elle le voie sur le pont, elle réentend toute la conversation, tout ce qu’il lui a dit, cet homme, ce voleur, elle le revoie, ses innombrables cicatrices, ses cheveux poussières, son regard perçant. Le monde repart, nuages, flots, crie de gamin, le gros, gras et vénal marchand tient dans ses mains un parchemin, écriture symboles, elle en a déjà vue un sur le bateau. Ce n’est pas le même, les symboles sont ressemblants mais les mots diffèrent, et cette écriture, fine mais grossière à la fois. Une autre pièce d’un puzzle monstrueux. Du coin des yeux, elle observe tout. Il est là lui aussi, il est là, elle le sait, elle en est certaine, elle ne le voit pas mais il est là, quelque part. Ce stupide marchand, qui tien un bout du monde dans ses mains, ne le sait pas, mais un homme a déjà prévue de le soulager de ce lourd parchemin. Les pensées de Suame explosent. Où? Quand? Comment ? Ici, peut être ? Là ? Maintenant ? Non, rien ne se passe, cette inaction est oppressante pour elle. Elle accepte le travail, la caravane part dans trois jours, trois jours pour se préparer à revoir le même homme, comme si le destin l’en forçait la main. Trois interminables jours plus tard, la caravane part, lourdement armée. Suame guette, elle cherche les lieux, les moments propices, la nuit surement. La journée se passe, rien, le soir approche, le marchand décide de faire escale a une oasis. L’homme qui tient l’oasis les accueille à bras ouverts, effectivement, des convois pareils sont rentables. Le bivouac est installé, des rondes mises en place, des relais nocturnes organisés. Au petit matin, Suame se réveille, apparemment rien ne s’est passé, apparemment seulement. Un garde est retrouvé à cent mètres de l’oasis, ligoté et tabassé. Le garde dit qu’un homme masqué, l’a ligoté et l’a questionné, juste une question, à qui il emmenait ce convoi? Le garde apparemment n’aurait rien dit, d’où les marques. Oui bien sure, Suame le savait alors menteur, une paye si misérable ne pousse pas les hommes a ne rien dire, une vraie commère qu’il a été, pense-t-elle. Le convoi repart, un peu plus anxieux que la veille. Il est vraiment intelligent, en ne posant qu’une question il a réussi à tout savoir, pour elle c’est si logique maintenant. Il sait où nous allons, il a vue la distance que l’on a parcourue en un jour, il nous épie, il connait la fréquence de nos ravitaillement en eaux, c’est d’une logique implacable et macabre, il sait donc par avance les points d’eau que nous devrons utiliser. Les jours passent mais plus rien, « Il a eu peur de notre armada » se targuent les autres, ne rêve pas ma pucelle, ce ne sont pas quelques lances et autres épées qui lui font peur, il n’est juste pas d’un bois qui s’enflamme pour un rien pense alors Suame. Le convoi approche d’une ville, ravitaillement général et congé pour tous durant ce dernier, le Canthien se croit en sécurité ici apparemment. A l’entrée, un homme encapuchonné mange un fruit au couteau, il regarde la caravane rentrer, Suame le regarde intensément. L’homme disparaît dans une ruelle sombre. Les gardes se réjouissent, Suame connait leur plan du soir, Taverne, Bordel, Taverne et encore Bordel. Elle est plus d’humeur à s’offrir un petit verre et un bon repas, elle se fait indiquer la meilleurs taverne, on lui indique « Les 3 Hekets, la nourriture y est divine ». Elle y rentre, et voie son Gras gros et vénal Canthien entouré de trois filles de joie et de beaucoup d’alcool. Une serveuse l’accoste et lui dit que sa table est prête, « Ma table ? », elle se fait assoir a une table pour deux, en face d’elle, lui. « Le destin a décidé que nous allions nous revoir. -Vous forcez peut-être un peu ce destin, non ? -Ce n’est pas mon genre voyons. -Et qu’est-ce que le destin nous réserve-t-il comme repas ? - Demandez-le-lui. » La serveuse s’approcha pour prendre commande « Votre meilleur vin s’il vous plait. -Mes excuses madame, il est déjà à votre table. -Mademoiselle, merci ce n’est rien. » Il lui servit un verre. « Le parchemin, c’est ce que vous cherchez ? -Vous étiez plus chatoyante dans le bateau je trouve. -Une femme est plus chatoyante quand elle est quasi-nue selon vous ? -Il y a ça et le fait que vous me tutoyiez là-bas. -Et ta mâchoire ? Elle va bien ? J’ai pensée que ceci t’appartenait. » Suame posa une dent sur la table. « Relativement en effet. » Il souriait presque. « Et donc que me réserve le maitre de cérémonie ? -Spécialité local, il paraît que c’est relativement fort. » La taverne devenait bruyante, leur conversation devenait inaudible pour tous, sauf pour eux. Leur repas pouvait tout aussi être un tête a tête d’amoureux, Suame souriait parfois, rougissait a d’autre moment, devenait sérieuse a tour de rôle. L’inconnue ne disait pourtant rien d’extravagant, mais il était convaincant. « Qui êtes vous en faite ? » Un demi-sourire amusé se dessina sur le visage de l’homme. « Mon patronyme ne vous évoquerait rien. -Mettre un nom dans notre conversation me faciliterais la tache. -Kuririn Denaraye ‘Rathir, dit-il en sombre, mais Kuririn suffit amplement. -Denaraye ? Un nom de mangeur de salade non ? -Plus ou moins, et vous donc ? -Es… Suame, Suame Namore. -Et elle parle de moi comme d’un mangeur de salade. *riant calmement* -Plus que moi, tu es d’où alors Kuririn ? -D’ici et de là. Fière d’avoir enfin des réponses ? -Plus ou moins oui. » Kuririn jeta un regard sur le marchand canthien de plus en plus ivre. « Vous ne surveillez pas votre patron ? -J’ai quartier libre. -Trois nymphes à lui seul, il a de l’appétit dites-moi? -Un gros porc oui. -Le vin est fort non ? -Assez oui. Kuririn se leva, approchant du comptoir discutant avec l’aubergiste et revenant aussitôt. -La tête lourde non ?